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Éditorial: Le pouvoir de Jovenel Moise dans la tourmente

Depuis le 7 février, le président Jovenel Moise ne saurait dormir d’un bon sommeil. Le pouvoir qu’il croyait être une caserne de repos est en passe de devenir un vrai fardeau depuis le challenge concernant l’affaire PetroCaribe initié en août 2018 par des Twittos. La cherté de la vie a donc mis le feu aux poudres. En plus des mensonges répétés du président, c’est la dévaluation de la gourde et la montée galopante des prix des produits de première nécessité qui ont mis la population des principales villes du pays dans les rues.

Le gouvernement Moise-Ceant s’est avéré incapable de prendre à bras-le-corps les problèmes centraux du pays. Visiblement, le président n’a rien tiré de leçons des émeutes du 6 et 7 juillet 2018 qui ont emporté le gouvernement dont Jack Guy Lafontant était à sa tête. Ces actes de mépris servent ainsi d’exutoire aux rancœurs et aux frustrations sociales accumulées par des franges marginalisées et démunies de la population. Même ceux qui ont soutenu le président lors de sa campagne politique ont été désabusés. A ce stade, le macadam devient inévitable. D’ailleurs, le contrôle de la rue fait partie des nouvelles règles du jeu politique depuis le départ des Duvalier. Elle devient généralement l’arbitre des luttes politiques.

Le pouvoir vit dans la tourmente du rêve avorté. La terre, le soleil et les hommes sont-là et en dépit de cela, la machine gouvernementale ne démarre pas véritablement. Ce 7 février rappelle les deux ans de règnes du président de Jovenel Moise. Deux ans de balbutiements, deux ans de promesses non-tenues, deux ans de caravane pour des résultats presque invisibles alors que la misère du peuple augmente. Le panier de la ménagère n’a complètement rien aujourd’hui tant que le pouvoir d’achat de la population baisse graduellement. Ils sont peu les Haïtiens qui arrivent à faire bouillir leur marmite deux fois par jour. Voilà ce qui amène à une forme de protestation sociale et d’expression de ressentiments et la population quand elle est dans la rue, elle s’attaque à tout ce qui se trouve sur son passage. C’est ainsi que certains individus profitent de la situation pour s’approprier ou détruire un commerce concurrent, ou se venger d’un locataire ou d’un propriétaire.

Ces derniers jours sont très chauds pour les autorités en place. Et tout laisse à croire que les jours, voire les mois à venir le seront aussi. Le président Jovenel Moise semble être sur des braises et il suffira des étincelles pour que tout soit embrasé. Dans ce contexte qui prévaut, le président de la République peut être convaincu que la population ne se laissera plus bernée. Personne de l’opposition politique ne veut s’assoir avec lui en dépit que l’appel au dialogue a été lancé. Certains dirigeants de partis ne jurent que par sa démission. Donc, pas question de discuter avec lui autour d’une table. Entre temps, les Haïtiens les plus optimistes commencent à s’inquiéter sur la capacité réelle des autorités actuelles à faire face à leurs aspirations légitimes d’une bonne gouvernance démocratique. Il y a péril en la demeure.

Israël JEUNE
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