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Monsieur le président, « taisez-vous »!

Après un silence honteux de huit (8) jours sur les mouvements de protestations qui ébranlent les grandes villes de la République, le président Jovenel Moise s’est adressé à la nation dans une posture arrogante dans la soirée du 14 février. Au lieu de se pencher sur les problèmes sociaux qui mettent dans les rues la frange de la population la plus démunie, le président croit avoir la décence de donner de leçons à ses opposants qu’il accuse de s’afficher avec des chefs de gangs. Or, dans le passé il s’est lui-même affiché à des repris de justice, des dealers qui sont actuellement écroués aux Etats-Unis. Si dans un premier temps, le silence du chef de l’Etat et de son gouvernement ont inspiré honte et dégout, les propos tenus par le président ce 14 février atteignent un niveau d’indécence inégalée. Ce sont les propos d’un irresponsable qui ne fait qu’attiser le feu de la mobilisation et qui crache sur les revendications réelles de la masse qui demande à manger.

Monsieur le président, parlez-nous avec respect ! Il y a une jeunesse à rassurer, à conquérir ou à motiver. Il y a aussi un peuple à convaincre d’un mieux-être. Vous avez entre vos mains nos illusions et désillusions. Si vous n’êtes plus capable de diriger ou de donner une parole rassurante, remettez votre démission, taisez-vous et partez en silence ! Dans ce contexte de crise générale, nous en avons marre de votre arrogance. Si votre gouvernement n’est pas en mesure de protéger les couches sociales les plus défavorisées, si vous ne pouvez pas œuvrer pour une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique et égalitaire, alors cessez cette fatigue auditive de vos adresses bidon à la nation. Aujourd’hui, il y a urgence à re-penser la société autour du bien commun. Si vous êtes incapable, dégagez d’ici !

Après avoir cultivé le suspense pour renforcer l’incertitude et imposé le silence pour semer le doute, Monsieur le président vous êtes obligé de nous respecter quand vous pensez à nous adresser. Ce pays est à nous, nous l’aimons, nous le chérissons et nous ne vous laisserons pas faire de lui ce que bon vous semble. Les propos de votre adresse à la nation insultent notre civilité. Dans les rues, la population ne demande que simplement vivre. Alors, dites-nous ce que demain sera fait. Mais, si vos propos ne sont pas plus beaux que le silence méprisant, alors taisez-vous à jamais !

Israël JEUNE
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