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Société: L’Afrique n’a pas besoin d’aide mais de liberté

Rick Rabel MANGUI est un écrivain diplômé de deux masters: l’un en géophysique appliquée

(Sorbonne, Paris VI) et l’autre en Banque – Finance (Université de La Réunion).

Rick Rabel MANGUI est l’auteur de “Amanké, celle qu’on chérit” et de “Ama, une étoile voilée”, tous deux parus aux Editions Ladoxa.

La brève l’a rencontré pour un entretien:

La Brève: Salutations à vous Rick Rabel MANGUI. Tout d’abord je vous remercie de m’avoir accordé cet entretien. Avant de débuter pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

RRM: Je suis un Africain du Gabon, né de Bruno et de Marie-louise.

J’ai toujours été assez proche de la littérature. On pourrait même dire qu’au départ j’étais plus littéraire que scientifique. C’en était au point que ma professeur de français, en classe de seconde, me disait être un “scientifique à portée littéraire”.

J’ai tout de même progressé dans le chemin de la science. En la gardant, finalement, comme une passion annexe, une sorte d’exutoir…

La Brève: L’écriture… Est-ce quelque chose que vous avez toujours aimé faire ?

RRM: Mes parents sont tous les deux enseignants… J’ai l’impression qu’il y a eu une sorte de transmission pseudo génétique.

J’ai en effet commencé à écrire assez tôt, au Collège. Je rentrais en sixième et était, comme beaucoup de jeunes hommes, envoûté par les chansons de Booba. C’est en essayant de l’imiter que j’ai commencé à écrire. Il s’agissait de textes de rap à quelques vers, vous l’avez compris…

Ensuite je me suis mis à la poésie plutôt romantique, en 3ème. J’écrivais des odes que je partageais aux filles de ma classe. Ça marchait plutôt bien… Rire

Par la suite, je suis revenu vers le rap… Disons que ma jeunesse assez difficile y était pour quelque chose.

La Brève : Que représente la poésie pour vous à cette époque ?

RRM: Laquelle époque ? Aujourd’hui ?

La Brève: A l’époque où vous écriviez des odes ? Et maintenant ?

RRM: La poésie n’a duré que le temps de la 3eme à la seconde. Ce n’était pas mon “genre” préféré, même si mon côté romantique s’y adaptait bien. Rire

Aujourd’hui, c’est quelque chose que j’envisage très peu de faire.

La Brève: Indubitablement vous lisiez beaucoup ? Parlez-nous un peu de votre aventure littéraire à cette époque ?

RRM: Je lisais effectivement beaucoup. Mes choix se portaient sur des romans. Il ne me semble pas avoir déjà parcouru, de mon gré, un autre genre. Par contre, en romans, j’ai lu un peu de tout.

La Brève: Vous préférez quel type de roman ?

RRM: Premièrement, je dirai les récits épiques. Plus l’histoire est réelle, mieux c’est.

Ensuite vient le roman policier.

La Brève: Comment voyez-vous la littérature africaine d’aujourd’hui ?

RRM: Elle est en train de déployer ses ailes. Elle est sur la bonne voie. Les jeunes écrivent de plus en plus. Et les anciens ne quittent pas le front non plus.

Nous avons connu de grands noms comme Mamadou Hampaté Bâ ou Maurice Okoumba Nkoghe.

Et beaucoup d’autres. Certains sont partis mais d’autres sont encore des nôtres. Morts ou vivants, leurs écrits et leur écriture continuent de m’inspirer.

La Brève : Il y a un problème d’édition en Afrique. Sans elle, comment pourrait allaiter la littérature ?

RRM: Nous espérons qu’avec le développement que le continent connaît, cette lacune sera progressivement comblée. Aujourd’hui nous ne pouvons que féliciter le travail des rares maisons d’éditions comme Ladoxa qui font la promotion de la littérature, africaine notamment.

La Brève: En tant que homme de lettre « penseur », ne constatez-vous pas que l’Occident ne parle jamais de la civilisation africaine ?

RRM: Ce déni de l’occident vis-à-vis de toute sorte d’intelligence, d’histoire, de civilisation africaine a toujours existé.

Aujourd’hui encore nous assistons à cette pensée de suprémaciste de l’homme occidental face à l’africain. Les uns et les autres essaient de voiler cette vérité comme ils la peuvent mais c’est un fait.

Il nous reste à nous Africains, d’arracher ce qui nous revient. Nous n’avons rien à quémander. Nous devons prendre ce qui est à nous. Tant que l’Afrique demeurera l’eldorado de la richesse naturelle, les Africains ne seront jamais libres et de ce fait, ne seront jamais reconnus.

L’occident ne nous donnera jamais notre liberté. Il nous revient de l’arracher et de faire valoir nos droits.

La Brève: Imaginez-vous l’Afrique sans l’Occident ? Comment serait l’Afrique ?

RRM : Comment serait la Chine sans le Japon, les USA sans l’Europe? Comment s’est développé Singapour, la Corée, le Japon, etc..?

Tous ces pays sont indépendants et pourtant ils ont noué des partenaires de par le monde.

L’Afrique a besoin de partenariats équitables, pas de se faire materner. Elle n’a pas “besoin d’aide” comme je l’entends un peu partout. Elle a besoin qu’on la laisse tranquille.

La Brève: Comment la littérature pourrait-elle contribuer au développement de l’Afrique ?

RRM: La révolution française est née des écrits littéraires de penseurs et écrivains. La littérature a toujours été un maillon des révolutions, que ce soit à titre personnel que “globale”

Nous avons eu des révolutionnaires mais leurs pensées, leurs écrits, leur histoire nous ont été scellés. Commençons par parler de nos héros et de nos penseurs plutôt que de ceux des autres, ensuite les choses viendront tout doucement.

La Brève: Merci Rick Rabel Mangui. Un mot pour conclure ?

RRM: Je vous remercie Ricot Marc Sony de m’avoir reçu et de m’avoir offert cette opportunité.

En ce qui me concerne, je n’ai pas l’intention d’arrêter décrire. Mes multiples capacités m’ont permises de toucher à des domaines diamétralement opposés. Quel que soit, la route que je prendrai, je n’arrêterai pas d’écrire.

Au sujet de l’Afrique, j’insiste et je signe : elle n’a pas besoin d’aides mais de liberté.

Merci encore à vous.
Ricot Marc Sony

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