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Éditorial: À Port-au-Prince et en province, la République est toujours en agonie

Depuis environ un mois, la crise sociopolitique haïtienne s’avère de plus en plus compliquée. Les autorités du pays semblent dépasser par les événements. Les écoles, les tribunaux, les hôpitaux et les magasins sont quasiment dysfonctionnels. La population gagne la rue, surtout dans la capitale, au péril de sa vie dans le seul but de se ravitailler. Que ce soit à Port-au-Prince ou dans les villes de province, la mobilisation pour réclamer la démission du chef de l’Etat s’intensifie au jour le jour. L’opposition radicale, les organisations politiques et des groupements de la société civile ne cessent pas de lever leurs voix pour demander au Président de tirer la révérence.

Barricades des pneus enflammés, piles d’imondices éparpillés ça et là, rues quasiment désertes, paralysie du transport en commun, tels sont les éléments qui décrivent la réalité à Port-au-Prince ces derniers jours. Le climat devient de plus en plus sombre. L’insécurité bat son plein. Des opposants du pouvoir en place et des paisibles citoyens de la société civile continuent de tomber sous des balles assassines. Pour plus d’un, la Police Nationale se transforme en une milice présidentielle pour matraquer la population qui revendique ses droits les plus élémentaires. Le pays est sans gouvernail. Les autorités perdent toute leur crédibilité aux yeux des citoyens. Elles n’ont plus de discours convaincant pouvant dissuader la colère du grand public.

Durant cette semaine, l’opposition a lancé une nouvelle opération baptisée “poze sele” (en créole haïtien) sur tous les bâtiments de l’administration publique et continue en même temps de demander à la communauté internationale à se désolidariser de l’administration de Jovenel MOÏSE. A Mirebalais, la population a soudé les portes du bureau la DGI et de l’ONA de la ville. Dans la ville des Cayes, des opposants du régime PHTK ont également interdit au Délégué départemental Serge CHERY, fraichement nommé par la présidence de prêter serment. Ils ont cadenassé les portes du palais de justice. Aux Gonaïves, des civils cagoulés et lourdement armés ont été remarqués à travers les rues pour exiger le départ du chef de l’Etat.

Bien que la situation devient de plus en plus inquiétante, le pouvoir et l’opposition ne semblent pas trop préoccupés des urgences de l’heure. Car malgré les besoins se font grandement sentir, ils ne voient pas la nécessité de s’asseoir ensemble autour d’une même table pour apporter des solutions adéquates aux grands maux qui rongent le peuple. Si les acteurs qui nourrissent la crise ne retrouvaient pas aucun terrain d’entente, le calvaire de la population pourrait augmenter dans les jours avenirs. Peut être, ce serait enfin l’arrivée du chaos et du désordre généralisé à travers tout le pays.

Marc Wisly HILAIRE

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