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Éditorial : Les (10) semaines consécutives de mobilisations populaires comptent-elles pour du beurre?

Il y a de cela quelques jours, depuis,qu’à défaut de rester cloîtrer chez soi, l’unique endroit où l’on peut s’offrir une activité est sur le macadam. Activistes politiques, journalistes, policiers et presque toutes les couches de la societé s’y rencontrent presqu’au quotidien. Certains revendiquent et dénonçent, d’autres tentent de maintenir l’ordre et de protéger les vies et les biens. Malgré tout cela, la pression populaire a beaucoup ravagé. Et, les pertes et dégats enregistrés ne sont pas sans conséquences. À en croire plusieurs économistes de la place.

Les principales revendications ne sont pas jusque là satisfaites malgré cette accalmie constatée depuis tantôt trois semaines à travers les différents foyers de tensions du pays notamment Port-au-Prince. En outre, le leadership déployé par certains opposants farouches au pouvoir en place est en quelque peu diminué, les appels aux soulèvements et au bloquage des rues se font un peu rares mais le focus est mis à présent sur la guerre entre l’État Haïtien et les compagnies ayant fourni de l’électricité à l’État pour compenser son incapacité à produire une quantité capable de couvrir le maximum d’endroits possibles. Parallèlement, l’insécurité, la mendicité, la corruption, la gangstérisation et la pauvreté restent des défis urgents à relever.

La stratégie d’ériger des barricades était au coeur des débats à la radio. Qui plus est, certains l’assimillent à l’avenir de la jeunesse et un refus à l’organisation politico-sociale de la cité. Néanmoins, les barricades peuvent loin d’être l’avenir de la jeunesse mais elles traduisent tout au moins une volonté de renverser l’odre des choses. Alors, on n’aurait pas tous ces problèmes à aborder si nous avons eu des dirigeants compétents et éclairés à l’instar de ceux qui ont valorisé l’intérêt collectif au lieu de se mettre au service d’une minorité.

En revanche, lorsque les gens ont accepté de mettre le pays en mode lock, c’était dans l’espoir d’un changement radical et profond de leur situation. Malgré tout, jusqu’à présent c’est le statu quo et les principaux coupables essayent sans gêne de recommencer comme avant. La situation de précarité du peuple démeure et plus de gens s’allignent dernière l’idée que la parole libératrice ne peut venir que de l’international compte tenu du pourrissement de la crise.

Enfin, autant que faire se peut, des signaux clairs devraient être rapidement envoyés que ce soit du côté du pouvoir que de l’opposition ce qui pourrait traduire une volonté réelle de changer la donne après tout ce temps passé passer à compter des jours et des nuits sans faire bouger aucune ligne vers le progrès. Au contraire, tout commence à redémarrer comme avant tandis que le problème reste entier et les belles promesses semblent être jetées aux oubliettes.

Pierre Jocelyn Junior FORESTAL

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