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Société: Une issue Démocratique à Jovenel Moise

La cristallisation de la crise aiguë que connaît Haïti en la personne de Jovenel n’est pas dénuée de sens et, il est indéniable que ce dernier doit partir comme le réclame la grande majorité de la population. Bien que dans le milieu diplomatique et médiatique on essaie de noyer les revendications qui sont sous-jacentes à la réclamation du départ de Jovenel Moise comme une machination politicienne de renverser ce dernier du pouvoir pour accaparer sa place. Cette position par rapport à la crise n’est que de la poudre aux yeux. L’exigence du départ de ce dernier n’est que l’enveloppe qui présente le ral bol de la population contre la corruption, le banditisme d’état, la misère dont garantit la présence de Jovenel et de son clan à la tête de l’Etat. Cependant dans cette situation délétère, où il est difficile de distinguer la femelle du mal, les forces progressistes du pays avec l’appui d’une certaine communauté internationale doit offrir une issue démocratique à Jovenel Moïse.
Par issue démocratique nous entendons, garantir judiciaire, procès équitable. L’intérêt de telle mesure est de Garantir les respects de la constitution et de poser les bases de la construction d’une nouvelle société sur d’autre valeur que l’impunité, le pillage que PHTK a consacré comme valeur sociétale, les garanties de justice criminelles peuvent permettre à Jovenel de jouer son rôle dans la construction de cette nouvelle société.

Des Garanties Pour Jovenel Moïse, l’enjeux de la mesure

Les anciens alliés de Jovenel Moïse qui appellent au départ de celui-ci, ont -ils la même motivation que le reste de la population ? Ou ne veulent-ils qu’un départ de ce dernier pour l’exil, afin de leur assurer une continuité à l’impunité de leur crime aux risques qu’un procès à monsieur Moise les hantent ? Devant ce pèles-mêles , le pays a intérêt de s’offrir des garanties judiciaires contre un éventuel exil et vengeance politique. Sachant que ce dernier est au cœur de deux dossiers emblématiques de la corruption en Haïti qui le met en conflit avec l’Etat haïtien ; alors que ce ne sont pas des particuliers qui sont à la base de ces filatures, mais l’Etat haïtien lui-même. Quiconque aurait lu le rapport de l’UCREF comprendrait aisément que Jovenel Moïse est le maillon le plus important d’une importante organisation criminelle, n’en parlons pas du dossier petrocaribe.

En effet, le crime de blanchiment des avoirs ne peut être réalisé par une seule, il nécessite tout un réseau, avec des compétences spécifiques et certainement avec des ramifications internationales. Dans l’état actuel de la justice haïtienne, une collaboration de Jovenel Moïse s’avérait être une manne ; car, pour être au centre de ces scandales financiers, il est détenteur d’informations fondamentales sur les éventuels complices et co auteur qui seraient encore dans l’ombre. Jovenel Moïse est donc un témoin sûr que la justice et la société doit protéger, en vue de témoignages importants, voire aveux.

En tout état de cause, les garanties qui doivent être offerts à Jovenel n’auront rien à voir avec l’impunité. Il s’agirait de garan ties relative à un procès équitable pour les faits dont il serait reproché. Jovenel a intérêt à sauter sur de telle garantie, tout en se rappelant du sort de Cincinnatus LECONTE. Car, cette alternative est aussi une occasion qui lui sera offerte de prendre le chemin de rédemption. Bien sûr, je ne rêve pas, car il faudrait nier toute dignité à ce dernier pour ne pas reconnaître la possibilité qu’il aurait voulu se repentir. Dans cette perspective, les forces progressistes du pays doivent pouvoir coopérer pour réaliser cette opération.

La communauté internationale peut se raviser par rapport à sa position sur la crise, en jouant, désormais, un rôle à la sortie de Jovenel Moise du Palais National. Elle peut le faire à deux niveaux : se porter garant d’un procès équitable en faveur de ce dernier, et mettre en œuvre les traités bilatéraux et multilatéraux en matière d’extradition pour empêcher à tout complice et co-auteur de prendre la fuite. L’Etat haïtien, pour sa part, doit s’engager de faire un procès équitable à Jovenel Moïse et l’ensemble des complices, tout en octroyant à ce dernier une garantie sur sa sécurité, et mettre en place, de commun accord avec la communauté internationale, un cadre de coopération judiciaire.

Bref, le départ de Jovenel Moïse à la présidence du pays est plus qu’une nécessité. Cependant, cette nécessité ne doit pas occulter les règles constitutionnelles de justice qui sont à la base des revendications de la population. Pour ce faire, Jovenel Moïse ne doit pas quitter le pays, toutes les garanties de sécurité de sa personne et de sa famille est impérieuse pour une entière disposition et collaboration de ce dernier à la justice ; afin de pouvoir répondre aux revendications de justice de la population et mettre fin à la pratique qui consiste à pousser en exil des citoyens haïtien qui ont des comptes à rendre à la société , une collaboration de Jovenel serait la première pierre dans la perspective d’une construction nationale à l’antipode de l’impunité et dans le respect de la vie et des ressources de l’Etat.

AUGUSMA, Josué, Avocat
Maitrise en droit pénal
étud. Master II droit pénal et Justice Criminelle

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